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| Le droit français exige que la viande vendue en boucherie et dans les restaurants provienne d’animaux préparés, insensibilisés, saignés et tués selon des règles précises dans des abattoirs autorisés. Ce n’est pas le cas des taureaux trucidés en corrida. La commercialisation de leur chair devrait donc être rigoureusement interdite et réprimée. Or cette viande est vendue ouvertement en boucherie, y compris dans les rayons boucherie de certains magasins à grande surface et dans certains restaurants notamment pendant les ferias.
L’encéphalopathie spongiforme bovine (E.S.B.) se transmet aux hommes lorsqu’ils mangent des organes contaminés, notamment cervelle, moelle épinière, muscles voisins des vertèbres. Ces organes ne doivent donc jamais être mangés. De plus quand des bovins sont blessés au cerveau ou à la moelle épinière, la circulation de leur sang peut disperser dans tout l’organisme, avec les débris des cellules lésées, les prions responsables de la maladie. C’est pourquoi le 29/06/2000 la Commission des communautés européennes a interdit aux abattoirs de frapper les bovins aux organes nerveux centraux (décision 2000/418/C.E.). Or il se trouve qu’en corrida les blessures infligées aux taureaux à coups de piques, de banderilles, d’épée et de poignard sont toutes faites à la moelle épinière (organe nerveux central) ou tout près d’elle. Les coups ainsi donnés au même animal sont multiples. Le 18/10/98 dans l’arène de Béziers un novillo (taurillon) a été achevé, après plusieurs estocades, par une trentaine de coups de poignard à la nuque. Ce mode d’abattage déchiquette la moelle épinière et les muscles contigus, mettant en circulation dans le sang des débris de tissus nerveux centraux qui gagnent tout l’organisme. Plus que le coup unique donné dans les abattoirs, les coups multiples infligés en corrida peuvent disperser des prions dangereux dans toute la chair de l’animal. Aux termes de la décision 2000/418/C.E., la viande des bovins ainsi abattus ne doit plus être mangée mais incinérée. Dans un avis rendu le 01/06/01 l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) estime elle aussi que la viande des taureaux tués en corrida ne doit pas " entrer dans la chaîne alimentaire ". Malgré tout ce qui précède, le trafic de viande de taureau tué en corrida, donc susceptible de transmettre la maladie de Kreudsfeldt-Jacob, se poursuit au grand jour sans être ni interdit ni réprimé. Les intérêts financiers du milieu taurin passent avant le respect du droit et de la santé publique. |