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| L'animal arrivant de ses pâturages et totalement inexpérimenté est combattu par une équipe de six hommes parfaitement entraînés et aguerris. Mais ça c'est la règle. Leur règle. Celle des aficionados. Cependant la règle ne suffit pas et différentes pratiques frauduleuses sont infligées à l'animal pour diminuer, voire supprimer les risques.
La plus pratiquée de ces interventions est l' "afeitado" qui consiste à diminuer la longueur des cornes en sciant et remodelant celles-ci. Bien sûr la douleur et la souffrance du taureau sont très intenses, comme chez tout être vivant doté d'un système nerveux central. Le taureau ainsi diminué est moins dangereux, car en plus de la réduction de ses armures, il perd les repères qui étaient les siens auparavant. L'afeitado est interdit par les règlements mais largement pratiqué à la demande de certains matadors qui refuse de toréer des bêtes aux cornes intactes. Quand on connaît les "rémunérations" pharaoniques de certaines "figuras" (matadors célèbres) on peut, à la rigueur, comprendre qu'elles préfèrent vivre longtemps et gagner beaucoup. Les drogues. La presse spécialisée en corridas se fait de plus en plus l'écho de fraudes consistant à neutraliser la combativité des taureaux par administration de neuroplégiques, de myorelaxants et de sédatifs quelques minutes avant d'entrer dans l'arène. La sélection génétique. Elle consiste à "fabriquer" des animaux très lourds et impressionnants, mais peu combatifs et incapables de se tenir sur leurs pattes antérieures (manque de musculature et obésité). La sélection se fait aussi au niveau du "caractère" du taureau que l'on veut "collaborateur" et ne chargeant que le leurre et jamais l'homme (ou la femme depuis peu !). L'alimentation des taureaux. Elle fait de plus en plus appel aux aliments composés (pienso) et favorise la prise de poids et de volume impressionnants que nous avons évoquée ci-dessus. Des auteurs dignes de foi, tels que chroniqueurs taurins et vétérinaires ont dénoncé des pratiques telles que l'écrasement de la colonne vertébrale par de lourds sacs de sable lancés sur le dos de l'animal avant la corrida. Il est quasi-certain que les taureaux subissent çà et là d’autres sévices graves dus à l'ingéniosité sadique de ceux qui en ont "soin" ! Citons également les conditions de transport depuis l'élevage jusqu'au lieu de sacrifice qui sont d'une cruauté intolérable :
On peut également qualifier de fraude grave, commise cette fois dans l'arène, la pratique consistant pour les picadors à piquer à plusieurs reprises, non pas dans le "morillo" (ligament nugal) mais à l'arrière de celui-ci, carrément dans la colonne vertébrale. Quand on sait que la pique peut pénétrer jusqu'à 20 cm et plus dans le dos de la bête, on imagine avec effroi le résultat handicapant d'une cruauté pareille. Le syndicat espagnol des éleveurs s'est d'ailleurs prononcé avec force contre ces fraudes. |