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Les écoles taurines ou l'initiation au sadisme

Écoles privées, elles sont pourtant subventionnées par les collectivités territoriales. A titre d'exemple : la municipalité arlésienne a accordé à son école taurine une subvention de 50 000 F en 1997 et autant en 1998.

Mais qui fréquente ces écoles de la cruauté ? Les élèves des écoles taurines baignent dans le milieu tauromachique dès leur plus "tendre" enfance, guidés par des adultes aficionados qui font partie du "mundillo". Dès l'âge de 2 ans, certains ont déjà vu leur première corrida, alors que nos sociétés sont plus sévères pour les autres formes de violence susceptibles d'être vues par des adolescents !

L'enfant est charmé par l'ambiance, la musique, les costumes. Il est impressionné par ce taureau noir qui déboule du toril, entrant dans l'arène. Les adultes lui parlent en termes élogieux de la corrida en occultant totalement la souffrance du taureau. Et si malgré tout il lui arrive tout de même d'éprouver de la compassion pour l'animal, alors on s'empressera de le rassurer en lui disant que le taureau est fait pour ça et on trouvera mille excuses pour dire qu'il n'a pas mal.

Et le jeune grandit, croyant aux mensonges des adultes et poursuit son "apprentissage". Puis viendra le jour où il voudra devenir torero. Là, les parents seront partagés entre deux sentiments. D'une part, la peur, car la "profession" comporte quelques risques, surtout au début, lorsque l'apprenti n'a pas encore fait ses preuves, et d'autre part, la fierté de voir sa progéniture "réussir". Très tôt, dès l'âge de 5 ans pour certains, l'enfant est inscrit dans une école taurine avec plusieurs dizaines d'autres élèves. Il commencera sa morbide formation en s'entraînant sur une botte de paille, puis avec le "carreton", sorte d'engin muni d'une paire de cornes, d'une roue de bicyclette et de deux bras de brouette, que pousseront ou affronteront les écoliers à tour de rôle. Le débutant rencontrera son premier jeune veau lors d'une "capea" où la mise à mort est simulée, puis lors d'une "becerrada" où la mise à mort d'un "becerro" (jeune veau de moins de 2 ans) est bien réelle.

Le jeune, devenu "tueur" n'a pas toujours pleinement conscience de la portée de son acte, croyant même parfois que son "partenaire" s'endort pendant le "jeu", alors qu'il se meurt tout bonnement !

Les apprentis toreros étant inexpérimentés, les "becerradas" sont souvent de véritables boucheries. Ainsi les organisateurs préfèrent-ils présenter une "gentille" "capea" à un public non averti ; les "becerradas" étant plutôt réalisées en privé au "campo" chez les "ganaderios", avec des élèves d'écoles taurines ou des aficionados "practicos".

Ensuite, lorsqu'il aura acquis assez d'expérience, l'étudiant en atrocité devenu "novillero" participera à des "novilladas" sans picador avec de jeunes taureaux ou "novillos" âgés de 2 à 3 ans ; puis des "novilladas" piquées avec des "novillos" de moins de 4 ans. Avec les "novilladas" commence le rituel de la mutilation de la victime ; un procédé traditionnel chez les "serial-killer". L'élève "méritant" a droit à ses premiers macabres trophées : 1 ou 2 oreilles, ou la queue, ou les 3 à la fois !

Pour finir son "éducation", il recevra l'alternative au cours de laquelle il sera reconnu matador et pourra alors combattre des taureaux plus âgés.

Dans une société où l'on essaie d'endiguer la violence, surtout chez les jeunes, les adultes que nous sommes portent une très lourde responsabilité en encourageant et en incitant de très jeunes enfants à faire subir des sévices à des animaux avant de les assassiner. Enfants d'ailleurs parfois si jeunes que l'on falsifie leur âge afin de pouvoir souscrire un contrat d'assurance, comme ce fut le cas avec la coqueluche des aficionados, El Juli.

Et le fait de médiatiser les plus angéliques n'est pas complètement innocent ; la corrida se doit de soigner son image !

En outre, les écoles de tauromachie participent très souvent à des "Festivals taurins" au cours desquels les apprentis-tueurs toréent gratuitement, les fonds récoltés étant alors reversés à des associations caritatives. On se donne ainsi une image de respectabilité et l'honneur est sauf ! Mais le fait d'occasionner ici de la souffrance pour en atténuer soi-disant là une autre, est ce paradoxe qui n'interpelle ni les organisateurs, ni les spectateurs, ni les protagonistes que sont les enfants ou les adolescents !

Ces écoles sont donc celles du sadisme dans lequel bien souvent les enfants excellent spontanément. Les y encourager est donc doublement criminel. Et les pouvoirs publics qui subventionnent ou laissent faire dans le meilleur des cas, cautionnent ce qui non seulement est condamnable mais relèvent carrément de la psychiatrie.

Nous devons donc tout mettre en œuvre pour couper les vivres aux écoles de tauromachie afin de les voir disparaître.